About

JULIEN GRUDZINSKI
Born in 1976 (Switzerland)
Works in Aix en Provence (France)

Selective Exhibitions

Individual Exhibitions

– Exhibition of paintings – Domaine des Jardinettes – Villelaure (84) May 2018

– Energy Flow season 2 – exhibition at Wide Painting gallery – Paris (5ème) june/august 2017

– Energy Flow – exhibition at Wide Painting gallery – Paris (5ème) May/July 2016

– In Symbols We Trust 2 – exhibition at Wide Painting gallery – Paris (5ème) April/July 2013

– Ordo Ad Chao – exhibition at the Susini gallery – Aix en Provence (13) September 2013

– In Symbols We Trust  » hors les murs  » – Jardins de Bagatelle – Paris (13ème) May/August 2012   

– In Symbols We Trust – exhibition at the Wide Painting gallery – Paris (5th) April/August 2012

– Exhibition of drawings at the Frémiot gallery – Nice (06) March/April 2008

– Exhibition at the Ucellino gallery – Marseille (13) october 2007

– Exhibition at Vision future gallery – Nice (06) March/May 2007

– Exhibition at the Ucellino gallery – Marseille (13) May 2006

– Exhibition at Crous-Beaux-Arts gallery – Paris (6ème) January 2006

– Goat Dog – exhibition at the Sainte Réparate gallery – Nice (06) January/March 2006

– Exhibition at the Susini gallery – Aix en Provence (13) September 2004

Collective exhibitions

– Exhibition (with Annika Van Vugt) – Stiftung Sparkasse – Frankfurt (All) February 2015

– Heritage Days – painting exhibition – Gargas (84) September 2014

– The 20 years of the gallery Susini – Aix en Provence (13) March 2013

– <<II>> – exhibition at the RDF gallery – Nice (06) January/March 2009

– Exhibition at the Norbert Pastor gallery – Nice (06) October 2008

– «On va pas se plaindre » – exhibition at the Frémiot gallery – Nice (06) September 2007

– Night of the galleries – Vision Future gallery – Nice (06) june 2006

– Exhibition at the Vision Future gallery – Nice (06) March 2006

– Exhibition at the Espace Sextius – Aix en Provence (13) January 2006      

Exhibitions/Fairs

– «Art and Care» – Palais de Tokyo – Paris (16ème) April 2015                    

– Affordable Art Fair » – Artemisia Gallery – London (GB) March 2007

– Mulhouse 006 – Contemporary Art Fair – Mulhouse (68) June 2006

Residences   

– Stiftung Kunstdepot – Göschenen (Switzerland) August/September 2018

– Bridge Art Space – Frankfurt am Main (Germany) January 2015

– Susini gallery – Aix en Provence (13) july/august 2013

Selective Press

– Wall Street International Magazine (web US) May 2017

– Artsy (web) -Artist of the week May 2017

– Art Actuel (web) – article and illustrations May 2014

– Paris Capitale (paper) – article and illustrations July 2013

– Paris Capitale (paper) – article and illustrations June 2013

– Art Actuel (web) – article and illustrations May 2013

– Artsper (web) – article and illustrations May 2013

– Art Press n°396 (paper) – Black Metal and Plastic Arts (article and illustration) January 2013

– Galerie Susini n°04 (paper) – article and illustrations (residencies and exhibition) September 2013

– Xmas Time (web) – article and illustrations December 2012 

– Revue & Corrigée n°89 (paper) – Connivence of extremes (article/illustration) September 2011

– Mulhouse 006 (paper) – article and illustration June 2006

– Nice Matin (paper) – article and illustration (the strange bestiary of J.Grudzinski) March 26, 2006

– Carriera della Costa Azzurra (paper) – article and illustration march 2006

– La Provence (paper) – article and illustration – exhibition at Susini gallery (Aix) june 2004 

Mon travail s’enracine dans un dialogue entre abstraction et représentation. Il se déploie en trois principales séries : les peintures d’histoire, les Energy Flow, et les paysages. Je réfute volontairement l’opposition entre figuration et abstraction et refuse d’opérer un choix : j’essaie au contraire de produire une peinture en perpétuel mouvement, de maintenir une tension entre la forme et la matière, d’analyser l’acte de peindre. Dans mon travail, les formes sont suspendues : elles ne parviennent pas à se fixer en compositions lisibles ni en structures reconnaissables. Elles ne construisent pas d’espaces déterminables. Elles n’invitent à aucune narration. Mais elles fourmillent de gestes, de lignes, de figures géométriques aussi bien que biomorphiques, de taches, de couleurs, et semblent parfois déraper sur la toile, masquant l’identité des figures que l’on devine. L’idée est de chercher la forme. 

Dans les peintures d’histoire, je m’intéresse à la relation entretenue avec les icônes de la peinture. Je travaille à démythifier ces œuvres, les artistes qui les ont produites, ou encore la place qu’elles occupent dans l’histoire de l’art. Ce que je recherche, à travers elles, c’est l’autonomie de la peinture. Pour ce faire, j’adopte la technique du sampler : des composantes issues de sources hétéroclites sont réunies sur la toile, elles rivalisent entre elles, se recouvrent, se traversent, tracent dans l’espace visuel un chemin jonché d’obstacles en même temps qu’elles font lire l’image comme une partition de musique spatialisée, ponctuée d’effondrements et de déflagrations colorés, mêlant les styles et les postures. Par-dessus le motif, je pratique une peinture découpée, une peinture figurative qui devient, par l’intrusion ou au contraire l’effacement de certains éléments, polymorphique. Apparaît alors comme un second moment du motif figuré, au travers des drapés et des chairs : un rythme coloré fait de lignes et de tâches. Si je procède fréquemment à des collages préparatoires sur ordinateur, le document numérique tient une place significative dans mon processus. Il n’est pas une simple source d’inspiration. L’image issue d’Internet a une présence particulière, elle donne à voir par abstraction, elle isole le temps et le lieu, elle n’appartient plus à l’histoire, elle se noie dans la masse. La composition s’élabore au fur et à mesure : je copie, j’efface, je superpose. Tout se fait dans la continuité. La peinture à l’huile, par son temps de séchage, rend possible le repentir, la trace plus ou moins visible des transformations décidées au cours de l’avancement du projet. Je rogne volontairement les différentes couches afin de maintenir ce statut de calque  propre à l’infographie. Ces morceaux d’images sont comme des autocollants que je dispose sur la toile. L’idée de superposer un élément figuratif sur un autre revient à dénaturer le sens premier de la peinture initiale qui devient un fond. J’élimine les considérations liées à la mise en scène pour revenir à une problématique uniquement picturale, me rapprochant ainsi de l’abstraction. Sur de nombreux tableaux, la ligne est délibérément hésitante, parfois à l’antithèse des silhouettes lisses et vigoureuses associées à la peinture classique : tremblantes, les formes débordent et bavent. Finalement, peu importe que le drapé corresponde parfaitement au drapé initial : il faut le peindre. 

J’appelle Energy Flow la série de tableaux composés avec des lignes en relief, dédoublées en deux teintes, claires et foncées. Elles se superposent les unes sur les autres, créant un amas qui semble chaotique sans pourtant s’entremêler. Elles peuvent être fines ou épaisses, espacées ou resserrées, créant différents rythmes. Le point de départ de cette série est une fascination pour les flux humains et financiers de notre époque. Je les transpose dans des trajectoires explosives, des éclatements et des superpositions, autant de formes et de lignes qui entraînent le regard vers un fond vertigineux. La frontière entre représentation et abstraction y est floue et mouvante. Je me sers de l’abstraction pour contrer l’inflation médiatique de l’image et utilise cette dernière pour miner les prétentions métaphysiques de l’abstraction. La ligne, simplement peinte, évoque un tracé primitif, hors d’âge. Mais elle peut aussi s’apparenter à une artère, comme à une onde lumineuse, ou sonore. Aucune de ces peintures n’a de commencement ni de fin : le commencement de l’une peut être pensé comme la suite de l’autre, tandis que son achèvement est en réalité le point de départ de la suivante, donnant lieu à une prolifération tentaculaire d’excroissances organiques. Un monde impénétrable. 

J’ai commencé la série Paysage début 2021, à la suite d’une récente découverte technologique. Le Lidar est un instrument de mesure qui utilise un faisceau lumineux pour collecter des nuages de points XYZ denses et géo-référencés de manière à représenter un objet ou la morphologie d’un lieu en trois dimensions. Le faisceau de l’appareil n’est pas adapté à une structure organique comme celle d’une forêt ; il préfère les ossatures architecturales. En scannant certaines fractions de paysages naturels, j’utilise volontairement les manques de précision du système pour composer un visuel fragmenté. Décomposée au hasard, en fonction de mes déplacements, l’image apparaît comme rongée, découpée. Si les peintres du XVIIème siècle donnaient à voir une nature idéalisée, de mon côté, j’aspire à idéaliser l’acte de peindre le paysage, tout en restant dans une élaboration abstraite. A partir des captures scannées, je réalise une base de travail transcrite en trois dimensions que j’écrase ensuite. Les territoires imaginaires deviennent tapis de couleurs. La référence directe à la technologie s’estompe au profit d’un tissage multicolore. Dans un univers où l’homme modélise à outrance l’architecture de l’habitat, je projette une nature malléable. Je recompose à ma manière des cartographies idylliques et fantasmées. Ces toiles tentent de dissiper la matérialité de la peinture figurative au profit d’un illusionnisme abstrait. De près, la touche est impressionniste. Avec du recul, les traitements picturaux disparaissent pour laisser place à une composition organique. Ici encore, figuration et abstraction se confondent. 

Dans mon travail, la peinture s’affranchit donc de toute classification, qu’elle soit figurative ou abstraite, tout en tentant d’échapper à l’histoire de la peinture ou du moins, à ses codes. Ce qui lie les œuvres les unes aux autres, c’est la tension constante qui fait fusionner les éléments figuratifs aux évasions abstraites.  

My work is rooted in a dialogue between abstraction and representation. It unfolds in three main series: the history paintings, the Energy Flow, and the landscapes. I voluntarily refute the opposition between figuration and abstraction and refuse to make a choice: on the contrary, I try to produce a painting in perpetual movement, to maintain a tension between form and matter, to analyze the act of painting. In my work, the forms are suspended: they do not manage to fix themselves in legible compositions nor in recognizable structures. They do not build determinable spaces. They do not invite any narration. But they are teeming with gestures, lines, geometric and biomorphic figures, stains, colors, and sometimes seem to skid across the canvas, masking the identity of the figures that we guess. The idea is to look for the form. 

In the history paintings, I am interested in the relationship maintained with the icons of painting. I work to demystify these works, the artists who produced them, or the place they occupy in the history of art. What I seek, through them, is the autonomy of painting. To do this, I adopt the sampler technique: components from heterogeneous sources are brought together on the canvas, they compete with each other, overlap, cross each other, trace in the visual space a path strewn with obstacles at the same time as they make the image read like a spatialized musical score, punctuated with collapses and colored explosions, mixing styles and postures. Over the motif, I practice a cut-out painting, a figurative painting which becomes, by the intrusion or on the contrary the erasure of certain elements, polymorphic. A second moment of the figurative motif then appears, through the drapery and the flesh: a colored rhythm made of lines and stains. If I frequently proceed to preparatory collages on computer, the digital document holds a significant place in my process. It is not a simple source of inspiration. The image from the Internet has a particular presence, it gives to see by abstraction, it isolates time and place, it does not belong to the history, it drowns in the mass. The composition is elaborated as I go along: I copy, I erase, I superimpose. Everything is done in continuity. The oil paint, by its time of drying, makes possible the repentance, the more or less visible trace of the transformations decided during the progress of the project. I voluntarily trim the different layers in order to maintain the status of a layer specific to computer graphics. These pieces of images are like stickers that I place on the canvas. The idea of superimposing a figurative element on another is to distort the original meaning of the initial painting which becomes a background. I eliminate the considerations linked to the staging to return to a purely pictorial problematic, thus bringing me closer to abstraction. In many of the paintings, the line is deliberately hesitant, sometimes the antithesis of the smooth and vigorous silhouettes associated with classical painting: trembling, the forms spill out and drool. In the end, it doesn’t matter if the drapery perfectly matches the initial drapery: it must be painted. 

I call Energy Flow the series of paintings composed with raised lines, split into two shades, light and dark. They are superimposed on each other, creating a cluster that seems chaotic without intertwining. They can be thin or thick, spaced or narrowed, creating different rhythms. The starting point for this series is a fascination with the human and financial flows of our time. I transpose them in explosive trajectories, bursts and superimpositions, so many forms and lines that draw the eye to a dizzying bottom. The border between representation and abstraction is blurred and moving. I use abstraction to counter the media inflation of the image and use the latter to undermine the metaphysical pretensions of abstraction. The line, simply painted, evokes a primitive, out-of-date line. But it can also resemble an artery, like a light or sound wave. None of these paintings has a beginning or an end: the beginning of one can be thought of as the continuation of the other, while its completion is actually the starting point of the next, giving rise to a sprawling proliferation of organic growths. An impenetrable world. 

I began the Landscape series in early 2021, following a recent technological discovery. Lidar is a measuring instrument that uses a beam of light to collect dense, geo-referenced XYZ point clouds to represent an object or the morphology of a place in three dimensions. The device’s beam is not suited to an organic structure like a forest; it prefers architectural frameworks. By scanning certain fractions of natural landscapes, I voluntarily use the lack of precision of the system to compose a fragmented visual. Randomly decomposed, according to my movements, the image appears as if it were eaten away, cut up. If the painters of the XVIIth century gave to see an idealized nature, on my side, I aspire to idealize the act of painting the landscape, while remaining in an abstract development. From the scanned captures, I realize a base of work transcribed in three dimensions that I crush then. The imaginary territories become a carpet of colors. The direct reference to technology fades away in favor of a multicolored weaving. In a universe where man models the architecture of the habitat to excess, I project a malleable nature. I recompose in my own way idyllic and fantasized cartographies. These paintings attempt to dissipate the materiality of figurative painting in favor of an abstract illusionism. Up close, the touch is impressionistic. With hindsight, the pictorial treatments disappear to make way for an organic composition. Here again, figuration and abstraction merge. 

In my work, painting is thus free from any classification, whether figurative or abstract, while trying to escape the history of painting or at least its codes. What links the works to each other is the constant tension that fuses figurative elements to abstract escapes.